Installation
Tableau électrique et borne de recharge : faut-il le refaire ?
Place disponible, état du tableau, puissance de l'abonnement : les trois questions qui décident si l'on ajoute quelques modules, si l'on étend ou si l'on remplace le tableau.
6 min de lecture
Une borne de recharge ne se branche pas sur une prise existante : elle part du tableau électrique, par un circuit qui lui est propre. Le tableau est donc le premier élément que regarde l'électricien lors de la visite technique. Parfois il suffit d'y ajouter quelques modules, parfois il faut le compléter ou le remplacer. Ce guide vous aide à savoir dans quel cas vous êtes, et pourquoi.
Sommaire
- Ce que la borne exige du tableau
- Première question : y a-t-il de la place ?
- Deuxième question : le tableau est-il en bon état ?
- Troisième question : la puissance suffit-elle ?
- Les trois issues possibles
- Questions fréquentes
Ce que la borne exige du tableau
Le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017, dans son article 23, impose à l'installateur de prévoir un circuit spécialisé pour chaque point de recharge, protégé par un dispositif différentiel de 30 mA au plus qui lui est dédié. Il lui demande aussi de vérifier que l'installation électrique existante est conforme avant de raccorder la borne.
Concrètement, le tableau doit accueillir au moins :
- un disjoncteur dédié à la borne, calibré selon sa puissance et la section du câble ;
- une protection différentielle de 30 mA, dédiée elle aussi, d'un type compatible avec la borne ;
- selon les cas, un module de délestage, qui réduit la puissance de recharge quand la maison consomme beaucoup, ou un parafoudre, recommandé voire exigé dans certaines zones et certaines installations.
Le type de différentiel mérite une précision. Une recharge peut produire des courants de fuite continus, que certains différentiels ne détectent pas. Beaucoup de bornes intègrent leur propre détection de ces courants, ce qui permet un différentiel courant en amont ; d'autres imposent un différentiel plus spécifique. C'est la notice de la borne qui tranche, et l'électricien doit pouvoir justifier son choix.
Première question : y a-t-il de la place ?
Un tableau se compose de rangées où s'alignent les modules. Pour la borne, il faut généralement trouver la place de deux à quatre modules. Trois situations se présentent :
- des emplacements libres existent sur une rangée : les modules s'y ajoutent simplement ;
- le tableau est plein : l'électricien ajoute une rangée si le coffret le permet, ou installe un petit coffret supplémentaire à côté du tableau principal ;
- le tableau est éloigné du garage : un tableau divisionnaire peut être posé près de la place de stationnement, alimenté depuis le tableau principal, et accueillir la protection de la borne.
Deuxième question : le tableau est-il en bon état ?
Ajouter une borne sur un tableau vétuste revient à faire reposer un équipement exigeant sur une installation fragile. Certains signes doivent alerter :
- des fusibles à broches ou à cartouches au lieu de disjoncteurs ;
- l'absence de protection différentielle 30 mA en tête des circuits ;
- un support de tableau en bois, des câbles qui chauffent ou noircissent, des circuits non repérés ;
- l'absence de prise de terre, ou une terre jamais mesurée.
Si vous avez acheté ou loué votre logement récemment, le diagnostic de l'installation intérieure d'électricité remis à cette occasion donne une première idée des anomalies existantes. Il ne remplace pas l'examen de l'électricien, mais il prépare la visite.
Dans ces situations, l'électricien proposera en général une mise en sécurité, voire le remplacement du tableau. C'est une dépense qui ne concerne pas que la borne : elle protège toute la maison.
Troisième question : la puissance suffit-elle ?
Une borne de 7,4 kW en monophasé appelle, à elle seule, une puissance importante pendant plusieurs heures. Ajoutée au chauffage électrique, au four ou au chauffe-eau, elle peut dépasser la puissance de votre abonnement et faire disjoncter le disjoncteur de branchement, celui qui sert de limite entre le réseau et votre installation.
Trois réponses existent, que l'électricien choisit avec vous :
- régler la borne à une puissance plus basse, compatible avec l'abonnement : la recharge est plus longue, mais l'installation reste simple ;
- ajouter un délestage, qui baisse automatiquement la puissance de recharge quand la maison consomme : la borne garde sa pleine puissance la nuit, quand les autres appareils sont à l'arrêt ;
- augmenter la puissance de l'abonnement, une démarche à faire auprès de votre fournisseur d'électricité, qui modifie le réglage du disjoncteur de branchement.
Pour une borne triphasée, la question se pose phase par phase : la puissance doit être répartie, et le tableau doit être triphasé lui aussi.
Les trois issues possibles
- Ajout de modules : le tableau est récent, il reste de la place, la puissance suffit. C'est le cas le plus simple.
- Extension : rangée ou coffret supplémentaire, tableau divisionnaire près du garage, délestage. Le tableau principal est conservé.
- Remplacement ou mise en sécurité : le tableau est trop ancien ou présente des anomalies. La borne devient l'occasion de remettre l'installation à niveau.
Quelle que soit l'issue, le devis doit décrire précisément l'intervention sur le tableau, et non la noyer dans un forfait : c'est ce qui permet de comparer deux propositions.
Questions fréquentes
Mon tableau a moins de dix ans. Peut-il quand même poser problème ?
Un tableau récent est en général en bon état, mais il peut manquer de place ou ne pas accueillir le type de différentiel que demande la borne. Seule la visite technique le dit.
Peut-on brancher la borne sur un circuit existant, celui du garage par exemple ?
Non. La réglementation impose un circuit spécialisé pour chaque point de recharge, avec sa propre protection différentielle.
Les travaux sur le tableau allongent-ils beaucoup le chantier ?
L'ajout de quelques modules se fait dans la même intervention que la pose de la borne. Une extension ou un remplacement de tableau demande davantage de temps et une coupure de courant plus longue : l'électricien doit vous l'indiquer à l'avance pour que vous puissiez vous organiser.
Qui doit réaliser les travaux sur le tableau ?
L'entreprise qui installe la borne. Au-delà de 3,7 kW, elle doit être qualifiée IRVE : vérifiez sa qualification et sa date de validité sur la liste de votre commune.
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